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De la Russie des tsars aux contrées infinies mongoles

Voyage organisé par PARA TRAVEL du 6 - 27 juillet 2002

Trois participantes parlent de leurs impréssions:
»Christine Rey
»Elisabeth Marmy
»Doris Hagenbüchli
(en allemand)

PARA TRAVEL organise un voyage en Mongolie également cette année:»programme Mongolie 04
Autres voyages organisés par PARA TRAVEL

Christine Rey:
Dans mon guide, il est écrit :
"Le cheval mongol est de petite taille : 1,30 m au garrot. Il ne lui est jamais attribué de nom, les Mongols le désignent par la couleur de sa robe. Il n’y a pas d’équivoque possible, leur vocabulaire est riche d’une multitude de termes désignant avec précision la nuance : là où nous apercevons un cheval "blanc”, l’éleveur voit un animal "blanc cendre” ou "blanc neige”....”

Le 23 juillet arrive enfin.... A moi la steppe pour une chevauchée fantastique !
Tôt le matin, en route pour un monastère, situé à trois kilomètres du camp de Khogno Khan Uul. Echauffement, au petit trot : il fait déjà chaud, mais les chevaux ne semblent pas trop souffrir. Le mien est magnifique, brun écureil, la crinière coupée en brosse.
Sans problème, nous arrivons au monastère : visite intéressante d’un petit temple, celui du "dieu qui pardonne tous les péchés”, pour autant que l’on en ressorte à reculons et que l’on parte à gauche pour en faire le tour !

Me voilà donc absoute !...
Sur le chemin du retour, notre guide Bogi, cavalière experte, me fait signe : "slow or fast ?” ..... "F....”, je n’ai pas le temps de répondre que me voilà déjà au triple galop !
Instants magiques, impressions de voler ...

Je m’accroche : mon cheval accélère, n’appréciant guère de se retrouver derrière la jument brune canelle de Bogi ! Petit instant de panique..... plus le temps d’admirer la région, sablonneuse, parsemée de cailloux et d’arbustes.

Comment fait-on déjà pour ralentir ? Une courbe, une autre, équilibre précaire ... et la réalité terrestre qui revient abruptement à moi : je plonge dans un buisson épineux ! Rires.... quelques éraflures sur le bras et le cou, mais rien de grave !
Et pas de quoi remettre en question l’expédition de l’après-midi, pour aller visiter la famille d’un éleveur.
L’accueil chaleureux de celle-ci, les sourires des enfants et le partage d’un bol d’aïrak sous la yourte me remette vite d’aplomb !

Dans mon guide, il est aussi écrit :
"Ils galopent comme le vent et leur puissance est celle d’une avalanche de montagne.” Chronique de la dynastie des Song.

Elisabeth Marmy: En Mongolie par le Transsibérien

Moscou… Il est 15h10 lorsque le Transsibérien commence à rouler sa mécanique et quitte la gare. Ta…..ga…..dam….. Ta…ga…dam… Tagadam…
Il prend peu à peu son rythme de longue distance. Ainsi bercés jour et nuit par le son cadencé des roues métalliques épousant le rail, le Transsibérien va nous amener jusqu’en Mongolie.

Nous débarquons au petit matin à Oulan Bator, après environ 95 heures de voyage et 6304 km parcourus. Il est 5h45.
Oui… les voilà. Bogy, notre guide mongole, Zogo et Zaza, nos deux chauffeurs, avec deux bus 4 x 4 made in Russie, relookés en Mongolie. Ils nous attendent sur la place de la gare encore déserte à cette heure.


Afin de nous dégourdir de la nuit et nous mettre en appétit pour le petit-déjeuner, nous flânons dans les rues, à la découverte de la ville qui s’éveille peu à peu. Nous nous restaurons à l’hôtel Bayangol et faisons quelques courses. Puis, nous nous retrouvons dans les bus. C’est le départ vers ces étendues mongoles. Il y a une semaine, elles étaient encore pour nous à l’autre bout de la vaste Sibérie.


Nous quittons Oulan Bator. Tout de suite, les immenses étendues herbeuses bordées de vastes collines aux formes toute de rondeur, de douceur sont là alentour. Leur surface tondue vaut bien les gazons anglais. Ce paysage s’anime au fur et à mesure des kilomètres parcourus : plaines ondulantes piquetées de yourtes blanches et de centaines de petits points noirs, bruns, blancs, beiges, bicolores, tricolores…
Ah oui ! Bien sûr, les bêtes : ces animaux grâce auxquels le nomade subsiste, avec lesquels il vit en osmose : chevaux, chèvres, moutons, vaches, yaks, chameaux, chiens.

Une vie simple dans un paysage pur de par sa nudité. Sa sobriété laisse le voyageur sans mot, un peu halluciné : là est une beauté qui se communique en premier lieu au cœur de l’homme par le regard global et spontané qu’il y porte. Equilibre sans fausse note, avant-goût d’infini, d’éternité.
Le nomade vit là, aujourd’hui, au pied de cette colline. Demain, il sera ailleurs. Il se déplacera de quelques dizaines, de quelques centaines de kilomètres pour vendre son bétail ou rechercher d’autres pâturages.

Chaque jour est fait de découvertes, de redécouvertes, de rencontres spontanées avec ces nomades. Accueil dans une yourte. Echange de regards. Dégustation : lait de jument ou de yak, fromage frais, fromage sec, yoghourt frais, yoghourt caramélisé, crème acidulée, airak.

Et les nuits… ! La vraie nuit, la nuit noire, la nuit de silence sous la tente au milieu de nulle part. Observer le ciel ou écouter l’immensité secrète. C’est un moment unique de ravissement. Il y a aussi le campement de yourtes traditionnelles aménagées avec goût. Le voyageur fatigué et poussiéreux peut s’y reposer après une journée de route cahoteuse.

Jour après jour, nous allons vers des sensations exquises : les visites de villes et de temples bouddhistes, les arrêts aux cols pour saluer les oboos, la chevauchée à travers la plaine sablonneuse, la traversée du désert de Gobi, la marche sur les crêtes des montagnes du sud, la boisson fraîche et la douche à l’arrivée au campement.

Sans oublier le repas servi sur le gazon à l’entrée du canyon de Yolyn Am, apogée de notre journée dans le Parc National de Gurvan Saykhan !


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